La construction du barrage de Roselend

Série de photographies anciennes de la construction du barrage de Roselend


Le barrage de Roselend est construit dans la gorge de Tines. Les travaux de construction du barrage de ont nécessité l’engloutissement du village d’alpage dont il tire son nom (Roseland étant lui-même probablement issu du nom d’un ancien propriétaire : Rozelindus, attesté au xe siècle). L’histoire de l’hydroélectricité en Beaufortain remonte à la fin du 19e siècle, époque à laquelle les deux Savoie se lancent dans l’exploitation de la « houille blanche » (utilisation de l’énergie produite par les chutes d’eau). Ce sont d’abord des petits barrages qui sont aménagés sur des chutes moyennes et permettent de produire de l’hydroélectricité. Puis, après la seconde guerre mondiale, la demande en électricité connaît une croissance très importante : entre 1950 et 1980, elle double tous les 7 ans !

Maquette originale du barrage de Roselend

Points clés

  • 1956 Début des travaux
  • 7 mai 1960 Première mise en eau du barrage de Roselend et démarrage de la centrale de La Bâthie
  • 16 décembre 1960 Premier kWh produit
  • 17 mars 1961 Mise en service complète de la centrale de La Bâthie
  • Août 1962 Dernier m3 de béton coulé au barrage de Roselend
  • Avant le barrage de Roselend, il y avait déjà un barrage: Beaucoup plus petit, un barrage-poids de 240 000m3 fut mis en place par la SECEMAEU. L’eau était turbinée 450m en dessous par l’usine des Fontanus.
  • 23 août 1949 le conseil municipal vote la vente des 121 hectares communaux de Roselend (d’une valeur de 43 millions de francs de l’époque soit 70 000 euros en équivalent d’aujourd’hui). La commune de Beaufort a également obtenu d’EDF l’électrification des cloches et l’agrandissement du cimetière.
  • Un ouvrier du barrage de Roselend touchait un salaire mensuel équivalent à 6 mois de revenu d’un agriculteur du coin.
  • 60% des travailleurs du barrage de Roselend étaient italiens.
  • 800 ouvriers travaillaient sur le barrage et 2 600 sur l’aménagement.
  • Coût des travaux du barrage de Roselend: 50 milliards de francs anciens (soit 70 millions d’euros).
  • Le barrage n’a pas été rempli à sa côte maximale tout de suite après les travaux, mais par palier, pour atteindre finalement sa côte maximale 1457m en 1978.
  • Simultanément, la centrale souterraine de La Bâthie est construite dans une caverne de très grandes dimensions: 135m de long, 35m de haut et 25m de large. Sa salle des machines est équipée de 6 turbines, géantes pour l’époque, qui permettent une puissance de 550MW.

Vue côté col du pré – Début des travaux dans la gorge des Tines – Construction du Barrage de Roselend © Henri Baranger

Dès 1947, des études sont engagées pour trouver une solution qui permettrait de créer, dans la cuvette de Roselend, une immense réserve d’eau, et de profiter de la chute de 1200 m obtenue par la différence d’altitude avec la vallée de la Tarentaise. Après plusieurs années d’études et de reconnaissances, la construction de Roselend démarre véritablement en 1956. Sa conception, très originale, combine un barrage voûte, pour barrer la gorge, et un barrage poids avec contreforts, pour le prolonger sur l’éperon rocheux du Méraillet. Le remplissage d’une cuvette d’une telle dimension (187 millions de m3) nécessite la construction de plus de 40 km de galeries souterraines, afin de collecter 28 torrents sur 10 communes différentes.

Ouvriers à l’oeuvre – Construction du Barrage de Roselend © Henri Baranger

De la maquette à la réalité

Les matières premières extraites sur place

Le barrage de Roselend est le plus gros barrage de France en volume de béton. De grosses quantités de matières premières étaient extraites directement de la montagne juste au dessus du col du Méraillet, entre le col et le barrage exactement. Aujourd’hui la carrière a laissé place à une immense plaine artificielle sur laquelle la nature a repris peu à peu ses droits (on y trouve notamment des marmottes, des renards et des buses variables). Vous trouverez sur les photos suivantes l’avant après de la carrière du chantier.

La montagne avant la carrière du chantier

La montagne avant la carrière du chantier

Carrière à la fin du chantier

Carrière à la fin du chantier

Les stigmates de la carrière du chantier (2011)

Les stigmates de la carrière du chantier (2011)

Une chapelle reconstruite

Si vous êtes déjà passé par Roselend, vous connaissez certainement cette magnifique petite chapelle en tufs au bord de la route qui longe le lac de Roselend. Il s’agit de la copie conforme de la chapelle engloutie de l’ancien village de Roseland, la chapelle Ste Marie Madeleine, reconstruite au dessus du lac après l’engloutissement du village. Cette chapelle est à la fois le symbole de l’ancien village et celui du renouveau, du Roselend que nous connaissons aujourd’hui. En général, elle ne laisse pas indifférent. Dimanche 21 août 2011, la cloche sera décochée par la fonderie Paccard (Décocheur: c’est la personne qui vide la fosse, ouvre les châssis et casse les moules après la coulée).

Ancienne chapelle Ste Marie Madeleine de Roseland

Chapelle Ste Marie Madeleine de Roselend

Vidéo Mise en place du barrage de Roselend

Film de 30mn sur la vallée de Roselend avant et pendant la construction du barrage. Présentation de la construction du barrage de Roselend en 1958. Rare archive audiovisuelle sur le travail collectif et l’ambiance entre les ouvriers lors de la construction des barrages en Rhône-Alpes.

  • Auteur: M. Ivanov
  • Annee: 1946-1968
  • Après guerre, 1958
  • Muet

Source Cinémathèque des Pays de Savoie et de l’Ain

Vidéo « Au Coeur de la Savoie – Roselend »

La vidéo suivante a été réalisée par Claudine Lenoir pour EDF durant les travaux du barrage de Roselend. Vous pourrez explorer les entrailles de la montagne à travers le creusement des galerie souterraines jusqu’à la centrale de la Bathie. On peut également y voir des plans de l’ancienne vallée de Roselend, l’ancienne route et l’ancien pont au pied du barrage.

Remarque: Il y a 15 secondes de noir avant le début du film

  • Durée 18’50
  • Réalisation Claudine Lenoir
  • Images Arthur Raimondo
  • Montage Henri Antoine
  • Arrangement Musical Eugène Bozza
  • Commentaire Jacques Thébault

Source Le Musée Virtuel des Pays de Savoie